Pour lutter contre le désenchantement, pour limiter les dérives de la démocratie

Le réseau Culture et Promotion, dont le Céas 22 fait parti, a publié un Cahier pour notre temps sur le thème « Démocratie participative, citoyenneté active » en septembre 2014. Voici l’éditorial de ce cahier (à télécharger ici  : Cahier-pour-Notre-Temps-2014).

Parler de citoyenneté active et de démocratie participative d’accord, mais jusqu’où ? Et comment ? D’ailleurs est-il encore possible d’utiliser ces mots sans débattre de leur réalité pratique ?

Les expériences participatives se multiplient et les débats à ce sujet aussi. Alors que tous les acteurs semblent dire qu’elle est indispensable, la crise de la participation démocratique reste entière.

Le taux d’abstentions aux dernières élections européennes vient d’en donner un nouvel exemple. Mais réduire les citoyens à leur rôle d’électeur est une menace à la démocratie puisque cela revient à les limiter à un rôle consumériste et passif.

La participation est une préoccupation qui prend de plus en plus d’ampleur en tant que réponse à la crise démocratique que traverse la société. Et pourtant, elle ne peut être une injonction, venant d’un système qui exclut, à des personnes qui subissent cette exclusion.

On peut émettre l’hypothèse que c’est une conséquence d’un manque de cohérence du politique : que les choix et les comportements des acteurs politiques pourraient mieux correspondre aux valeurs et principes que les acteurs mettent en vitrine !

La participation de tous est nécessaire à la démocratie, elle garantit l’avancement de la société vers plus de justice sociale parce qu’elle permet l’expression des injustices vécues et l’imagination de nouvelles solutions pour les réparer et les éviter.

Il s’agit de considérer que chacun est partie prenante de la société et que, de ce fait, sa parole est nécessaire pour construire les choix que nous faisons collectivement.

Et si on répondait à cette nécessité, il resterait encore à être vigilant quant aux formes parce que, malgré les bonnes volontés, le danger est grand de proposer un « dispositif de plus ». Le rôle des processus de participation n’est pas d’être les instruments qui rendront acceptable de continuer à fonctionner de la même manière qu’aujourd’hui par une simple opération esthétique.

Plus les citoyens sont informés et manifestent leurs opinions, plus les conflits naissent. Mais la démocratie est une forme de relation aux autres qui accepte la conflictualité et la diversité. Elle est intrinsèquement liée aux conflits et ne peut exister sans eux. Peut-être même que les démocraties les plus vivantes et effectives sont celles qui l’organisent ou l’encouragent.

Ce cahier est l’occasion d’une capitalisation, non exhaustive, des expériences et connaissances existantes dans le réseau Culture et Promotion aux sujets de la citoyenneté active et de la démocratie participative. Il regroupe des textes écrits pour l’occasion. En première partie, quatre textes permettent un premier tour d’horizon des enjeux sur le sujet. La deuxième partie présente diverses expérimentations existantes en France et en Europe. Enfin, la dernière partie ouvre vers des expériences et des analyses dans d’autres parties du monde.

Sommaire

(pour parcourir les articles il suffit de cliquer sur leur titre)

Présentation générale et théorique

Présentation et analyse d’expériences

La citoyenneté « ailleurs »

Pour stimuler et aiguiser la réflexion (bibliographie)

A propos

Pascale Perron

Chargée de développement du Céas 22, elle est titulaire du Diplôme d’Etat d’ingénierie sociale, d’une licence en Travail social et d’un DU en organisation communautaire obtenus au Québec. Elle est également formatrice et a de nombreuses expériences d’accompagnement et d’animation de collectifs, notamment dans des approches développant le pouvoir d’agir.