Organiser des fêtes du pain ?

Samedi 9 Mai a eu lieu la première expérimentation d’une fête du pain de village à Plaintel. Une journée qui a pu se faire par l’accompagnement du porteur de ce projet Jacques Lavigne et la motivation et l’énergie de multiples bénévoles.

Le principe est simple : fabriquer du pain traditionnel dans un four à pain à l’ancienne durant une journée, et ce autour d’un repas partagé et de diverses animations (chant, jeux en bois, contes…) selon les envies et les idées de chacun. La journée se construit de manière participative : « tout le monde met la main à la pâte ».

Pendant un an, une coordinatrice stagiaire du Céas 22 a accompagné Jacques pour cette expérimentation et son évaluation. Depuis, plusieurs demandes ont été exprimées auprès de Jacques par des sites, structures et communes locales. Une question se pose alors : Qui voudrait s’impliquer pour recréer ce type d’expérience sur ces différents lieux ? Qui veut mettre son « grain de sel à la pâte » ?

Pour faciliter la tâche aux volontaires, après la première évaluation qui était très positive (retours oraux et fiches évaluatives à l’appui), nous avons décidé de coconstruire cette petite fiche que nous nommerons « fiche pratique ».

Le but n’est pas ici de donner une fiche méthodologique, comme une leçon à apprendre par cœur et qui se plaquerait sur n’importe quel lieu. Non. Chaque groupe, chaque lieu sont des expériences propres, et les méthodes de mobilisation ou les animations proposées lors d’un évènement peuvent très bien ne pas convenir dans le suivant. Vous l’aurez compris, le but est davantage ici de soutenir une prise de relais que de créer des copies d’une fête du pain.

Avec Pascale Perron, chargée de développement au Céas, Paméla Rouxel coordinatrice stagiaire et Jacques Lavigne, porteur du projet, nous avons donc essayé de résumer l’ensemble de l’action (qui va au-delà de la fabrication de pain à l’ancienne) en trois principes essentiels :

Le principe d’engagement individuel et d’entraide collective :

Nous ne sommes pas ici dans une action de consommation où un client commande, consomme et repart. L’action est coconstruite avec chacun des participants ou, le cas échéant, avec un représentant de chacun des groupes qui seront invités à la fête (parents, club de retraités…). Les personnes décident ensemble du repas qu’elles souhaitent faire en plus du pain, des animations et de l’organisation de la journée. Par exemple, une personne propose d’amener un jeu de boules, une autre prend contact avec une conteuse bénévole comme c’était le cas à Plaintel… La personne participante est bien actrice de la journée tout autant que les initiateurs de la fête. Lorsque des problèmes sont repérés et qu’ils empêchent une personne de pratiquer une activité ou une étape de la fabrication, c’est le groupe qui trouve le moyen d’adapter l’activité ou de l’inclure à ce moment. Tout le monde est ainsi responsable, sans hiérarchie.

L’intergénérationnel/la mixité sociale

Recréer du lien social de proximité, ne peut se faire en limitant un groupe de personne à un profil unique. S’il n’y a qu’un enfant ou un ado présent sur la journée, il aura de la difficulté à trouver sa place. Nous avons réfléchi à ce principe d’intergénérationnalité, car nous avons constaté que, pour qu’un groupe soit accueillant, il ne doit pas être trop grand afin que tout le monde puisse communiquer mais aussi il doit y avoir plusieurs personnes de la même génération/culture présentes afin que les personnes puissent se reconnaître et se sentir à leur place. Un enfant seul s’ennuiera ou une personne âgée seule se sentira peut-être avec un statut à part.

Cette réflexion concerne aussi les différences de culture, d’insertion sociale, de capacité… La différence enrichie chacun et le groupe, c’est la mixité sociale qui crée la cohésion sociale.

Un territoire vécu, partagé

Enfin, le troisième principe important pour la réussite de ce projet est le principe de le faire sur le territoire de vie des personnes. Créer du lien social entre des personnes qui ne seront jamais amenées à se recroiser est toujours moins pertinent que lorsqu’un lien de proximité peut apparaître par la suite. Que ce soit en bas des tours ou dans un village rural, les personnes peuvent à travers cette passation de savoir-faire et de saveurs prendre le temps de se connaître pendant une journée.

 

Alors, vous aussi, vous êtes prêt à mettre la main à la pâte ?

Comment voyez-vous les choses ?

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A propos

Pascale Perron

Chargée de développement du Céas 22, elle est titulaire du Diplôme d’Etat d’ingénierie sociale, d’une licence en Travail social et d’un DU en organisation communautaire obtenus au Québec. Elle est également formatrice et a de nombreuses expériences d’accompagnement et d’animation de collectifs, notamment dans des approches développant le pouvoir d’agir.