La libération du livre…

Souvent, lorsque je parle de certaines initiatives citoyennes, on me reproche l’utilisation d’anglicisme à tout-va. Et bien, pour une fois, je vais essayer d’éviter ce piège.

Aujourd’hui, nous allons parlons du mouvement de libération du livre. Créé en 2001 par Ron Hornbaker et arrivé en France en 2003, ce mouvement a pris une ampleur mondiale assez rapidement. A ce jour, on compte environ 24 000 utilisateurs français (sur 850 000 dans le monde en 2015 – contre 4700 inscrits français et 333 000 dans le monde en 2004, statistiques bookcrossing.com).

Principe

La démarche est simple. Vous avez chez vous des livres, ceux que vous avez lus et qui dorment tranquillement sur les étagères en attendant quelque fois des années que vous les relisiez, voir que vous les prêtiez à quelqu’un. Vous allez libérer ces livres dans la nature environnante pour qu’ils puissent voyager et prendre le large. Et comme pour une chasse au trésor, vous allez clamer haut et fort cette nouvelle libération.

Passons à la technique. Tout se fait grâce à un site internet, bookcrossing.com, sur lequel vous vous inscrivez. Vous enregistrez votre livre, vous imprimez une étiquette que vous glissez entre les pages délicates et ensuite, vous passez à la libération. Le coin d’un banc dans un parc, entre deux branches d’arbres, collé sous la boîte aux lettres du voisin ou même sur votre canapé confortable, bref, les endroits varient suivant le côté facétieux du futur ex-propriétaire du prisonnier. Une fois l’acte commis, le propriétaire en question signale sur le site internet le lieu du méfait. Les utilisateurs du site habitant à proximité du lieu reçoivent un mail pour leur indiquer où ils peuvent trouver un nouveau trésor.

Celui qui a trouvé le livre peut le signaler sur le site internet et vous pouvez ainsi suivre le fabuleux voyage du bouquin libéré !

Impact

Des communautés de lecteurs se sont créées à l’échelle locale, du territoire ou même régionale. Des rencontres ou des conventions sont régulièrement programmées et les… hum grumm… « libérateurs de livres » échangent physiquement des livres, des paroles autour d’un verre, etc. Par exemple, un prochain MBC est organisé à La Rochelle les 6 et 7 juin prochain.

L’exemple de la Communauté de communes du Méné

Quelques institutions se sont emparées de la libération du livre dans le cadre de la problématique de l’action citoyenne, des leviers à la participation et surtout, dans le cas de la Communauté de communes du Méné, la création de lien social sur un territoire rural.

En 2014, la CDC du Méné a donc lancé, via le réseau des Bibliothèques du Méné, une animation sur la libération du livre en invitant les usagers à la pratiquer avec la mise en place d’un site internet dédié et d’une documentation en bibliothèque : Les Livres en voyage.

A visiter

http://www.bookcrossing.com

Les anglicismes que vous avez manqués : bookcrossing, ring, meetup, MBC (Meeting BookCrossing)

A propos

Myriam Lorant

Chargée de mission - étude en cours : DEJEPS Animateur Coordinateur mention Développement de projets Territoire & Réseaux.