Ça bouge au groupe Recherche-Action !

Au cours de l’année 2013-2014 nous avons vécu des rencontres avec quelques associations du Pays de Saint-Brieuc. Le sujet des solitudes est une préoccupation pour plusieurs acteurs sociaux. Dans le but de les réunir, une journée Forum sera organisée (probablement au mois d’Avril) autour de notre thématique des Solitudes. Cette journée sera l’occasion pour les bénévoles de faire un retour sur leur avancée sur le sujet, d’échanger sur le principe de la co-formation avec les différents acteurs et de pouvoir travailler leurs questions avec un(e) sociologue spécialiste sur le sujet.

En parallèle, plusieurs temps de formation seront également organisés cette année notamment : deux ateliers ethnographiques avec un intervenant extérieur, une première rencontre-échange avec le(a) sociologue. Tout cela nous donnant un premier plan d’action pour cette année que voici :

Octobre

Novembre

Décembre

Janvier

Février

Atelier Ethnographique

Atelier
Ethnographique

Analyse

Analyse

Formation/ Rencontre sociologue

Mars

Avril

Mai

Juin

Préparation Forum

Préparation Forum

Forum

Retour sur forum/ Prochains Axes

La première rencontre de l’année a été l’occasion de prendre du recul sur le travail qui a été fait jusque là et d’en ressortir de grands axes. Nous choisissons de travailler à partir de cartographies d’idées (ou cartes heuristiques). Le principe est simple : partir d’un point central pour étirer tous les liens possibles en mots ou en dessins à ce sujet. Cela permet d’avoir une vue d’ensemble, de prendre du recul, mais aussi de trouver de nouvelles idées.Carte_heuristique

Le contexte, la liberté de choix et les identités de la personne nous semblent des facteurs décidant de la manière dont sera vécue la solitude, soit comme une souffrance ou comme un besoin. Ces réflexions nous amènent à penser que la solitude est un sentiment qui concerne tout le monde à différentes échelles et non pas un public spécifique.

L’importance de buts communs comme éléments liants les personnes paraît centrale dans la relation, au moins au départ. Par exemple sur internet les joueurs de jeux vidéo peuvent en regarder un autre jouer sans forcément participer aux échanges sur le « tchat » en cours. L’exemple des parcs en Bosnie où se jouent des parties d’échec sous le regard de spectateurs attentifs, nous renvoie à ce même sentiment de faire partie de quelque chose. Dans ces exemples, il n’y a pas nécessairement d’interactions directes avec les autres, mais la personne fait partie d’une communauté et ne ressent pas le sentiment de solitude. A contrario, dans les transports en commun, la situation d’être ensemble est subie et les personnes ne partagent que rarement quelque chose.

Nous arrivons au constat que dans notre société et dans notre culture, la solitude est souvent perçue négativement. En même temps, le lien social est moins évident, stable et donné par un statut ou un rôle social. En effet, il se construit grâce aux capacités des individus et aux acquis liés au milieu d’origine. Nous sommes donc jugés sur notre « performance » à être en lien, et le fait d’être seul renvoie à un échec, à l’incapacité de la personne à créer et maintenir des liens.

Notre société renforce-t-elle la souffrance à être seul ? Si la solitude était synonyme de bien être, de positif, y aurait-il moins de personnes à en souffrir ? Il existe, par exemple, des restaurants spécialisés dans l’accueil de personnes qui mangent seules et ils ont beaucoup de succès.

Est-il possible de reconnaître la solitude comme un besoin ?

La solitude se rompt dans les interstices : là où ce n’est pas prévu, dans l’informel et le gratuit.

Il faut certaines capacités et une certaine confiance en soi pour oser prendre la parole ou aller vers les autres. Christian et Marie-France nous expliquent que cette étape avait été pour eux un apprentissage qu’ils avaient fait étant jeunes. A ce moment, ils avaient été accompagnés et soutenus par des plus « habitués » à la prise de parole en public, par exemple en foyer de jeunes, dans un syndicat ou une association. Est-ce que cet accompagnement existe toujours ? Cet apprentissage collectif aurait-il disparu ?

 

A propos

Pascale Perron

Chargée de développement du Céas 22, elle est titulaire du Diplôme d’Etat d’ingénierie sociale, d’une licence en Travail social et d’un DU en organisation communautaire obtenus au Québec. Elle est également formatrice et a de nombreuses expériences d’accompagnement et d’animation de collectifs, notamment dans des approches développant le pouvoir d’agir.